Une baisse trompeuse du chiffre des contaminations

Tout juste après l’ouverture officielle du 22ème congrès de la SFLS, la première session des « incontournables » a fait le point sur les chiffres, apparemment en baisse, des nouvelles contaminations en 2020. 

Alors qu’il n'avait pas été publié en 2019, le chiffre des nouvelles contaminations en 2020 a enfin été, lors la première session les « incontournables » du 22ème congrès de la SFLS, dévoilé par Florence Lot, la responsable de l'unité VIH-IST-Hépatites B et C au sein de Santé publique France. L’année dernière, selon les remontées des déclarations obligatoires (DO[i]), près de 2860 personnes auraient ainsi découvert leur séropositivité.

Le manque de données et la baisse du dépistage en cause

En forte diminution par rapport aux dernières années, ce chiffre est néanmoins à considérer avec précaution, Florence Lot soulignant en effet « le manque d’exhaustivité des remontées des déclarations obligatoires ». Fortement mobilisés par la crise du COVID-19, les biologistes auraient ainsi moins participé au dispositif de surveillance virologique en 2020.

Un autre phénomène explique logiquement le chiffre peu élevé des contaminations : la baisse massive des dépistages enregistrés en 2020. Florence Lot pointe ainsi dans sa présentation, en s’appuyant sur les données LaboVIH, une diminution de 15 % de l’activité de dépistage entre 2019 et 2020, avec un pic lors du premier confinement (-55 %).

Un chiffre revu à la hausse

Ces deux éléments combinés ont amené Santé publique France à « revoir » à la hausse le chiffre des contaminations en 2020, l’estimant précisément à 4586 cas. Malgré tout cette estimation reste néanmoins très basse (-22 % par rapport à 2019), ce que Florence Lot corrèle avec la baisse de l’exposition à VIH, liée à une moindre activité sexuelle, constatée pendant les confinements successifs.

Déclinée par population, la diminution des cas d’infection à VIH est particulièrement nette chez les personnes nées à l’étranger (-23 % chez les HSH, -29 % chez les personnes hétérosexuelles), moins chez les personnes nées en France (-15 % pour les HSH comme pour les personnes hétérosexuelles). Des chiffres, là encore, en trompe-l'oeil, qui s’expliquent en particulier par le moindre recours aux dépistage des personnes nées à l’étranger, qui furent particulièrement impactées par la crise sanitaire. 

[i] Depuis 1999, l’infection par le VIH, quel qu’en soit le stade, est inscrite sur la liste des maladies à déclaration obligatoire (MDO). Les cliniciens et les biologistes, qu’ils soient du secteur public ou privé, ont l’obligation de transmettre aux autorités sanitaires des données individuelles concernant les cas d’infection à VIH ou de sida qu’ils diagnostiquent.