La PREP injectable, plus efficace que la PrEP en comprimés

Les molécules à longue durée d'action ne bénéficieront pas qu'aux personnes vivant avec le VIH. Elles peuvent également être utilisées en prévention. Lors de la session consacrée à la prévention du VIH de l'AFRAVIH 2022, le Dr Christian Laurent est revenu sur l'intérêt de la PrEP en long acting. Et sur ses inconvénients. 

Christian Laurent de l'IRD (Institut de recherche pour le développement) de Montpellier, lors de la session « Prévention et VIH » de l’AFRAVIH à Marseille, a présenté un nouvel outil dans l'arsenal préventif contre le VIH : la prophylaxie pré-exposition (PREP) injectable à longue durée d'action.  

Autorisée en France par la Haute autorité de santé (HAS) le 21 décembre 2021, elle utilise le Cabotégravir injectable, efficace jusqu'à deux mois après l'injection, alors que la PREP orale actuelle en comprimés doit être prise régulièrement, posant souvent à ses usagers des problèmes d'observance.

Moins contraignante que la PrEP per os, la PrEP injectable dispose de nombreux atouts. En premier lieu l'efficacité : les études menées par le HIV Prevention Trials Network (HTPN 083) montrent ainsi que le traitement injectable est plus efficace que la prise orale à 66 % chez les Hommes ayant des relations avec d’autres Hommes (HSH) et les femmes trans et à 89 % chez les femmes cisgenres (HTPN 084).

Ce projet montre par ailleurs un meilleur niveau d'acceptabilité de la galénique injectable par rapport aux comprimées. Plus discrète, la PrEP injectable est plus tranquillisante pour ses usagers qui n'ont plus à se préoccuper de leurs prises de médicaments. 

La PrEP à longue durée d'action présente néanmoins quelques inconvénients. Elle nécessite des visites médicales plus fréquentes et le respect strict des dates d’injection. Par ailleurs, cette nouvelle solution de prévention est coûteuse : déjà commercialisée aux Etats-Unis, la PrEP injectable s'échange à hauteur de 3700 dollars US l’unité.

En France, la PrEP en comprimés est disponible en remboursée depuis 2016. Au 30 juin 2021 le nombre de personnes de 15 ans et plus ayant initié une PrEP a atteint 42 159. Malgré tout, son usage reste également insuffisant, notamment chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes où la prévalence de l'infection au VIH reste très forte. Il est quasi anecdotique auprès des autres publics.