Des thérapies douces pour une meilleure qualité de vie

Les traitements antirétroviraux peuvent produire des effets indésirables qui nuisent à la qualité de vie et des soins, chez les femmes. Pour remédier à cela, l’association Marie-Madeleine propose un programme basé sur des thérapies douces. Une approche singulière. 

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Fatigue, troubles digestifs, maux de tête, insomnie, douleur, dépression… les effets indésirables des antirétroviraux (ARV) peuvent gravement nuire à la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et à l’observance de leurs traitements. Chez les femmes, le phénomène peut être exacerbé.  Et pour cause : comme les doses d’ARV recommandées ont été établies lors d’études menées majoritairement sur des hommes, les femmes – qui pèsent en moyenne moins lourd – ingèrent des quantités d’ARV par kilogramme plus importantes. 

Un programme salutaire

Pour en réduire les effets indésirables, l’association Marie-Madeleine , située à Versailles (Yvelines), propose des approches complémentaires « douces », non médicamenteuses. « Notre programme, entièrement gratuit pour les bénéficiaires, repose sur des séances d’aquagym, d’ostéopathie fonctionnelle et de fasciathérapie. Ces deux dernières sont des thérapies non conventionnelles : la première consiste en la manipulation des tissus corporels ; la seconde, en celle des fascias, les membranes conjonctives qui enveloppent les muscles. De plus, les bénéficiaires qui ont subi des traumatismes sur le plan sexuel (viol, excision…) peuvent aussi s’entretenir avec un médecin ou une psychologue », détaille Marie-Hélène Tokolo, présidente et cofondatrice de Marie-Madeleine, et praticienne en éducation thérapeutique du patient – comme le sont un ostéopathe et le médecin de l’association.

Selon une expertise publiée en février dernier par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’aquagym – et l’activité physique en général – peut « prévenir et/ou réduire la douleur » et « améliorer les symptômes dépressifs ». Quant à l’ostéopathie, « elle permet de restaurer une bonne mobilité au corps, d’augmenter l’estime de soi et de ramener la personne vivant avec le VIH à un statut de personne à part entière, non définie uniquement par sa séropositivité », précise Vladimir Roudenko-Bertin, l’un des quatre ostéopathes de l’association.« L’ostéopathie m’a aidée à trouver le sommeil, à canaliser mes douleurs et, surtout, mes crampes. Quant à l’aquagym, elle permet de diminuer mes douleurs », témoigne Béatrice, 59 ans, bénéficiaire du programme. « À ma connaissance, nous sommes les seuls à proposer un programme aussi structuré en France. Or, faute de moyens, nous ne pouvons intégrer que 69 femmes… », regrette Marie-Hélène Tokolo. Selon elle, les thérapies proposées ici devraient être recommandées dans le parcours de soins de toutes les personnes vivant avec le VIH.