IAS 2017 : Interview d'Elisabeth Menu, chercheuse en immunologie

Interview d’Elisabeth Menu, Inserm, CEA de Fontenay-aux-Roses, Institut Pasteur, Paris

Sophie Lhuillier : Sur quoi travaillez-vous ?

Elisabeth Menu : Je m’intéresse à la transmission sexuelle du VIH et je travaille sur l’immunité muqueuse au niveau du tractus reproducteur féminin.

À la conférence IAS, quels ont été, dans votre domaine, les discussions et les résultats les plus importants ?

Les discussions les plus importantes concernent notamment le rôle du microbiote sur la susceptibilité à l’infection VIH et sur l’efficacité de certains antirétroviraux. En effet, le gardnerella, une bactérie du microbiote, interagit avec le ténofovir et diminue son efficacité. Cette information récemment publiée (Nichole Klatt, Science 02 Jun 2017: Vol. 356, Issue 6341, pp. 938-945) est majeure car le ténofovir fait partie des traitements utilisés en prévention, sous forme de gel ou de comprimés (PrEP).

La prise en considération des infections sexuellement transmissibles (IST), avec une session consacrée (« HIV and STIs: The Terrible Lovers », le mardi 25 juillet), est un élément nouveau à l’IAS 2017. Les IST augmentent la susceptibilité à l’infection VIH et il est important que les recherches sur le VIH soient élargies aux co-infections.

On s’intéresse de plus en plus aux réponses immunitaires au niveau des muqueuses, qu’elles soient humorales ou cellulaires, et à l’environnement local qui peut moduler ces réponses. Il s'agit de connaissances qui donnent des indications sur les réponses à booster pour un vaccin ou d’autres stratégies de prévention. Ainsi, une étude chez le macaque montre que l’inoculation d’un candidat vaccin directement sous l’épithélium vaginal, ce qui permet une présentation des antigènes vaccinaux par les cellules souches épithéliales, induit des réponses immunitaires efficaces, et à plus long terme (Marie-Claire Gauduin, Texas Biomedical Research Institute, États-Unis). Une étude prometteuse à confirmer.

De retour au laboratoire, que rapporterez-vous de l’IAS 2017 de Paris ?

L’actualité de la conférence nous confirme que les recherches en cours dans notre laboratoire font parties des priorités du domaine, ce qui est encourageant. Les interactions avec les autres chercheurs travaillant sur des thématiques proches, ou moins proches, enrichissent notre réflexion.