IAS 2017 : Interview du Dr Arnaud Moris, chercheur en immunologie

Interview du docteur Arnaud Moris, CNRS, centre d’immunologie et des maladies infectieuses, CIMI, Inserm U1135, Paris

Sophie Lhuillier : Sur quoi travaillez-vous ?

Arnaud Moris : Je travaille sur l’immunité anti-VIH, et plus précisément sur la façon dont les cellules du système immunitaire sont activées par la présence du virus.

À la conférence IAS, quels ont été, dans votre domaine, les discussions et les résultats les plus importants ?

Les progrès sur l’étude des anticorps neutralisants à large spectre sont impressionnants, le fait de pouvoir, à l’avenir, les utiliser en thérapeutique, ou prophylactique, ouvre des perspectives fascinantes, comme l’annonçait Michel Nussenzweig (The Rockefeller University, États-Unis) dans sa présentation du lundi 24 juillet : « Potential role of bNAbs in HIV cure ».

Ces anticorps, en plus de leur effet direct sur le VIH, qui favorise la diminution de la charge virale, permettent de réinitier une réponse immune efficace de l’hôte contre le virus. Cela remet sur le devant de la scène l’intérêt d’aller plus loin dans l’étude des cellules T, parallèlement à l’étude des anticorps. Un axe souligné, par exemple, par Sarah Rowland-Jones (Université d’Oxford, Angleterre) dans son exposé, mercredi 25 juillet, sur la « renaissance » des lymphocytes T CD8+.

Par ailleurs, c’est la première fois que j’assiste à une conférence de cette envergure, qui associe à la fois des chercheurs fondamentaux comme moi, mais aussi des cliniciens, des représentants d'ONG, des activistes, des épidémiologistes et des chercheurs en sciences sociales. C’est une vision beaucoup plus globale de l’épidémie que ce que nous pouvons vivre au laboratoire. C’est très motivant. Je suis admiratif du travail effectué par les acteurs de terrain, et notamment les activistes.

De retour au laboratoire, que rapporterez-vous de la conférence ?

La conférence m’a conforté dans le fait qu’il faut mieux caractériser d’un point de vue fondamental les mécanismes d’initiation de la réponse immune.