Les femmes à la CROI 2018

La deuxième journée de la CROI a débuté avec l’intervention de Nicole Klatt (Université de Washington, Seattle). Celle-ci a fait un état des lieux de la recherche sur le microbiome vaginal et son rôle dans l’infection par le VIH. La dysbiose du microbiome vaginal (dérèglement des bactéries vaginales) est associée à un risque plus élevé d'infection et de transmission du VIH. Cette dysbiose altère également l’efficacité de la PreP.

Dans une autre session, animée par Quarraisha Abdool (CAPRISA, Durban), l’évaluation des risques pour être éligible à la PreP, ainsi que l’adhésion des femmes au traitement ont été discutées. D’après une l’étude menée aux États-Unis, les femmes transgenres y adhèrent peu, malgré une prévalence du VIH de 49 % au sein de cette population. En revanche, les femmes sud-africaines, incluses dans l’essaiHPTN 082, adhèrent, elles, à 90 % à la PreP. Cette population à risque est jeune avec un taux de prévalence des IST de 39 %. La moitié d’entre elles sont en dépression ou subissent des violences conjugales.

Au Kenya, la PreP est proposée aux femmes enceintes. Même si l’OMS ne le recommande pas, le ministère de la Santé kenyan a estimé que le traitement devait être mise à disposition des femmes enceintes, qui représentent une population à risque, dans un contexte d’épidémie généralisée. Cette étude n’en est qu’à ses prémices, mais la plupart de ces femmes souhaitent initier la PreP. Cependant, parmi elles, certaines n’adhèrent pas, par crainte de nuire à la santé de leurs bébés ou à cause de la pression des violences conjugales.

En conclusion, la PreP est adaptée aux femmes qui se trouvent dans des situations à risque. Il s’agit donc désormais de généraliser les connaissances sur la PreP et d’alléger les procédures administratives, afin de démystifier cet outil de prevention et d’en favoriser l’accès.